vendredi, mai 25, 2007

Soirée électorale

ARRIVEE DES 2 JOURNALISTES SUR PLATEAU TV + 2 autres journalistes aux QG du PS et UMP
journaliste 1 : PATRICK
journaliste 2 : ARLETTE
journaliste 3 : LAURENE
journaliste 4 : DOMINIQUE

SCENE 1
PATRICK : Mesdames et messieurs bonsoir ! bonsoir Arlette
ARLETTE : Bonsoir Patrick. Il n¹est pas tout à fait 20 heures et dans quelques minutes nous découvrirons le visage du prochain président de la répoublique
PATRICK : Ou de la présidente ! on peut d¹ores et déjà dire que c¹est la victoire de la démocratie puisque le taux de participation est le plus élevé de la 5ème république.
ARLETTE : En effet, mais nous rejoignons tout de suite Laurène, à la salle Gavio
PATRICK : Salle Gaveau
ARLETTE : O, pardon, au QG de Nicolas Sakozy pour vivre, avec vous, un instant hystérique, pardon historique ; bonsoir Laurène, dites nous ce qui se passe...
LAURENE : Et bien comme vous pouvez le constater sur vos téléviseurs, l¹ambiance est à son comble ici et pourtant le suspens est total puisqu'il n'est pas 20 h. Les supporters de Nicolas Sakozy sont vêtus de blazers bleus et de chemises de marque pour les hommes, jupes chic et colliers de perles pour les femmes. Vous pouvez les entendre chanter la Marseillaise
On entend en fond, la marseillaise et PATRICK reprend l¹antenne
PATRICK : Merci Laurène ! Rendons-nous rue de Solférino. Dominique, vous nous entendez ? Quelle est l'ambiance au pc du PS ?
DOMINIQUE : C'est une véritable marée humaine, aux couleurs bleu blanc rose, qui a envahie la rue de Solférino ; l'ambiance est à son comble malgré l'attente insoutenable et les militants chantent la Marseillaise.
PATRICK (journaliste 1) coupe la parole
PATRICK : Merci Dominique ! Retournons du côté de la salle Gaveau car on nous annonce des invités surprises !!
LAURENE : Oui Patrick ! J'ai à mes côtés notre Mireille Mathieu nationale. Mireille, quelle bonne surprise !
MIREILLE : J'allais à la gare pour Avignon quand j'ai appris la bonne surprise. J'ai fait demi-tour à toute vitesse ...

LAURENE (coupant la parole comprenant que Mireille connaît le résultat et va faire une gaffe) Effectivement, j'ai une bonne surprise Mireille, Enrico est là, écoutons-le
Enrico : lallallalla .... toi Sarko je suis bien dans tes bras ... (Arlette coupe la chanson pour passer la parole au QG du PS)
ARLETTE : Merci Laurène, merci Mireille, bravo Enrico ; tout de suite nous retournons du côté de la rue de Solférino
DOMINIQUE : et oui ! C'est formidable, c'est extraordinaire !! si je peux m'approcher un peu, je vais passer la parole au chanteur Cali ; alors, Cali, c'est quand le bonheur ?
CALI : le bonheur ... c'est si les gens ont bien voté ...
PATRICK : Justement, il est 19 heures, 59 minutes et 55 secondes et dans 5 secondes nous allons découvrir le gagnant !
TOUS : 5 ­ 4 ­ 3 ­ 2 ­ 1
NOIR
on entend des coulisses la famille poisson et ses invités
SCENE 2 :
TOUS : nic' nic' nic' NICOLAS ! (bis)
FERNAND : La pépette rose, il l'a bien niqué NICOLAS.
RAOUL : Et dans les grandes largeurs, t'as vu ça, c'est du XXL.
FERNAND : C'est sûr, y'a pas photos, il a une pêche ce type-là.
SIMONE : Une bonne pêche, c'est plein de sous dans le tiroir-caisse de la poissonnerie à mon Fernand !!
RAOUL: Et ce n'est qu'un début. Il a promis que les charges des petits commerçants baisseront.
ANNE (bidonnée) : Oh, Sarko :la pêche, Fernand est poissonnier .Hé! vous avez vu , la pêche, poissonnerieŠ.
RAOUL : C'est bon, Nanou !
FERNAND : C'est pas tout ça, ça s'arrose, Simone, va chercher le champagne au frigo !
SIMONE : Allez ! Champagne pour tout le monde.
RAOUL : Eh, doucement Simone ! tout le monde, tout le monde, on va quand même pas abreuver toute la misère du monde, hein !
FERNAND : Justine, tu viens prendre une coupe avec nous ?
JUSTINE : Non, j'en veux pas.
FERNAND : Ben qu'est-ce qu'elle a ma petite Justine ?
ANNE souris ma chérie, tu vas avoir du travail, Sarkozy va faire une loi contre le chômage!!
RAOUL : Fais pas ta mauvaise tête, Justine ! Fernand, sers lui en 2 doigts !
ANNE à Simone : Elle est insupportable en ce moment
SIMONE : Ah oui, mais c'est pas nouveau, ça fait longtemps que je la trouve pénible ta fille. Les ados caractériels comme elle, il paraît que c¹est génétique. Vous devriez faire attention!
RAOUL : génétique ? ça ne peut venir que de toi (en s¹adressant a Anne)
ANNE : génétique ! génétique ! est-ce que j¹ai une gueule de génétique ??! pourquoi ce serait pas toi le génétique !!???
RAOUL: Dans ma famille on a jamais eu de délinquant.
FERNAND : Justine, ne fais donc pas cette tête, la France va se réveiller
RAOUL : oui, on est du côté des gagnants, toujours du côté du manche
ANNE : Nicolas va nettoyer la France, la France va redresser la tête
FERNAND : Enfin, " Tête Propre, Mains Hautes "
Ils chantent la marseillaise
SCENE 3
Tout le monde chante à tue-tête, sauf Justine prostrée dans un coin, effarée. Tous dansent en faisant la chenille sur l'hymne national.
Sonnerie de la porte d¹entrée, répétée.
le voisin du dessus, étranger, est sur le seuil de la porte.
Fernand, ouvre la porte.
FERNAND : Bonsoir. Oui, C'est pourquoi ? Vers ses convives en insistant bien. C'est le voisin d'en bas.
VOISIN : Bonjour, excousé moi, je.....
ANNE : Bonsoir ! bonsoir ! vous venez faire la fête avec nous ?
FERNAND: Prenez donc un verre de champagne
VOISIN : Non merci, j'ai .... je bois pas alcool
SIMONE : Alors, une petite rondelle de saucisson ?
RAOUL : Ce soir c'est la fête !!! tous ensemble avec Sarko !!!!
VOISIN : Non, moi je dois travailler demain, je me lève très très tôt ...
ANNE : Ah oui, vous travaillez demain, c¹est bien !!! s¹ils pouvaient tous être comme vous ! C¹est pour ça que vous êtes venu dans notre pays, pour le travail, pis les crèches, les allocations familiales, Š On vient chez Fernand et Simone tous les w-e et on entend que du bien de vous ;
SIMONE : Et vos femmes, heu, votre femme ?
VOISIN : elle est au travail, et moi commencer travail à 4 heures ; besoin de dormir et bébé dormir ;
FERNAND : vous devriez plutôt rester éveillé pendant que vous y êtes. Ca ne sert plus à rien d¹aller dormir.
VOISIN : Non non, j'ai beaucoup trajet pour aller au travail, très fatigant ; et justement, je venais vous dire, s'il vous plaît, si c'était possible, sans vouloir vous déranger, auriez-vous l'amabilité de bien vouloir baisser le volume sonore
SIMONE : et bien c'est ça ! allez vous coucher ! nous ne vous retenons pas...
SCENE 4
Une fois le voisin sorti
ANNE : Pour qui il se prend celui-là ?!!!
SIMONE à FERNAND : Tu vois, tu leur dis bonjour dans les escaliers et après ils se croient tout permis, ils viennent faire leur loi chez nous !!!
RAOUL : Oui, ce sont des intégristes qui refusent de s¹intégrer
SIMONE : Hey, vous avez entendu, il nous a parlé de sa femme mais on la voit jamais ....
FERNAND : Evidemment, elle doit être voilée, c'est pour ça qu'on la voit pas ... c'est toujours comme ça avec ces islamistes !
Simone : bah non, ils sont polonais
RAOUL : ah, bon !
Rires et reprise de l¹apéro beauf à partir du passage à table :
FERNAND : Allez, suivez moi, tout le monde à table
Simone : Je me mets à côté de Raoul!
Anne : et moi à côté de Fernand
Raoul : Justine ! Tu te mets avec ta mère !
Justine : Ah non !moi je veux être avec Papa.
Fernand : Bon, Simone, mets toi là ; et Justine, tu t'assieds là entre ton père et moi.
Justine : Chouette, entre deux les deux camarades.

Fernand : Les arabes, où qu'c'est qu¹elle voit des arabes?
Simone : Elle a dit camarade, pas camarabes !
Tout le monde rit, Anne glousse
Raoul : Nanou, stop !
Fernand : Ah j¹aime mieux ça
Raoul : Eh écoutez ! Vous avez entendu ? C¹est les flics qui patrouillent. Obligés avec tout c¹qui passe dehors. Les incendies de voitures et maintenant ils brûlent les bus, et même avec des passagers
Anne : Notre voiture, ils vont peut être la brûler.
Raoul d'abord inquiet puis rassuré : T'inquiètes pas, il y a le chien dedans.
Anne d¹abord rassurée puis de nouveau en panique : Mais justement, ils vont brûler le chien avec ! C¹est terrible !
Simone : oh bah c'est sûr, ils aiment pas les gens, alors ils aiment pas les bêtes non plus. C'est horrible ! et c'est sûrement pas des français qui font ça.
Raoul : Ca non ! Ça ça risque pas parce que les vrais français y en a plus sur le quartier. Ils sont tous partis à l'étranger.
Simone sur un ton de reproche : Sauf nous !
Fernand : Tout çà, c'est à cause du racisme anti-français. Ce racisme là, on n'en parle jamais !
Anne : Oh, Fernand, qu¹est ce que tu causes bien.
Fernand : Ouais bravo mon Raoul, t¹as bien mérité un peu de ma pharmacie, ça te fera du bien !
Simone : Ou as-tu encore été pêcher çà ?
Fernand : A la poissonnerie, pardi ! !. Bon, Simone, apporte donc les soles.
Tout le monde rit
Ann, exploséee : Pêcher, poissonnerie
Raoul : Arrête, Nanou
Cérémonial de Simone autour du plat
Fernand à Justine : Donne ton assiette, Justine, je t'ai réservé la meilleure part !
Justine fait la moue Tout le monde est gêné : Justine n'ose pas dire non au poisson
Puis elle finit dire timidement :
Oh non merci !
Ses parents restent cloués et très gênés.
Simone est choquée. Fernand essaye de prendre ça du bon côté.
Raoul : " Mais si mais si elle va manger du poisson. Sers là Fernand. "
Anne : " Enfin ma chérie tu aimes le poisson, tu as toujours aimé le poisson. "
Justine : " Maman je te l'ai dit des centaines des fois, je n'aime pas le poisson mais tu ne m'écoutes pas. "
Anne : " C'est nouveau ça. Et depuis quand tu n'aimes plus le poisson. "
Justine : " Ça fait des années. Et toi, tu continues à croire que j'aime ça alors que depuis l'âge de cinq ans je jette parterre pour le donner chat. Donc, écoute-moi une bonne fois pour toute JE N'AIME PAS LE POISSON. C'est clair. "
C¹est le coup de massue dans l¹assistance. Un silence de plomb règne. La tension est palpable.
Raoul essaye de minimiser le problème : " à chaque fois que l'on vient chez Fernand on mange du poisson donc tu manges du poisson et on en parle plus. "
Justine refuse : " Mais ça pue ce truc ! "
Anne contenue mais prête à craquer rappelle sa fille à l'ordre. " Justine tu te tais tout de suite. "
Fernand façon Galabru essaye de persuader Justine " : " Une toute petit sole. Une toute petite.. "
Raoul sous tension dans une retenue de colère : " Fernand l¹a préparée pour toi. "
Justine refuse toujours.
Fernand minimise encore " Oh c'est pas grave on va lui faire des pâtes. "
Simone : " Oui, oui, c'est ça on va lui faire des pâtes. "
Raoul toujours sous tension : " Non ne te dérange pas Fernand. Allez, Justine fais moi plaisir mange du poisson. "
Justine se rebelle : " Non ! et de toute façon vous non plus vous n'aimez pas le poisson. Chaque fois que l'on vient ici vous dîtes on va encore bouffer du poisson. "
Tout le monde est cloué sur sa chaise. Un grand froid règne.
Anne : " C'est faux. C'est complètement faux. Ne l'écoutez pas. Elle est en plein crise d'adolescence."
Raoul Toujours dans le même état : " Justine tu ne devrais pas dire des choses pareilles. Tu vas vexer nos amis. Et puis tu sais très bien que ta mère et moi adorons le poisson de Fernand.
Et là il craque à sa façon, en s¹empiffrant de poisson : D'ailleurs regarde comme je le mange ce poisson. Hum c'est délicieux Fernand."
Anne imite son mari : " Mais oui, mais oui, ton père à raison il est très bon ce poisson. Tiens c¹est bien simple Fernand, tu sais quoi, tu es le roi de l'Arête. "
Fernand prêt à pleurer mais qui veut rester digne : " En attendant le roi de l'arête va faire des pâtes pour la petite crise d'adolescence. "
Simone essayant de rattraper le coup : " Oui va lui faire des pâtes à cette petite. "
Anne pète les plombs : " Non, je dis non et non. Je refuse que tu lui fasses des pâtes. C'est tout à fait hors de question. Elle va manger du poisson, comme tout le monde. J'insiste. Je refuse qu'elle mange autre chose. Elle va manger du poisson, elle va manger du poisson. Un point c'est tout. Sinon elle n'aura RIEN RIIIEENNN RIENNN."
Grand silence.
Fernand : " Ben te mets dans des états pareils Anne. C¹est rien;"
Simone à Raoul : " Mais qu'est-ce qu'elle a ? Pourquoi elle s'énerve comme ça. "
Jusqu¹à la crise de nerf de Anne et intervention de Raoul :
RAOUL : Excusez-la, elle s'est faite agressée l'autre soir devant la gare du nord !
LES AUTRES : Ah !!!! la gare du nord !!!!
RAOUL : Mais c¹est fini tout ça, on sera bientôt débarrassé de toute cette racaille
ANNE (se remettant de ses émotions) : Y a de quoi être dégoûté quand même. Quand on voit tout ce qu'on voit et qu'on entend tout ce qu'on entend ! Eh ben on a raison de penser ce qu¹on pense
RAOUL : Ouais, eh ben je vais vous dire une bonne chose. Quand je repense à tout ça, j'en ai mal à la France d'avant Sarkozy
Tout le monde rit.
Anne attire l¹attention de tous et pour mettre de l¹ambiance en incitant les copains à le suivre, entonne sur l¹air de : boire un petit coup c¹est agréable
J'aime le poisson et les patates
Et tout le monde chante en choeur (sauf Justine)
J'aime le poisson, c'est bon
Mais il ne faut pas le jeter dessous la table (Anne toute seule après avoir capter l'attention de tous.)
J'aime le poisson et les patates
J'aime le poisson, c'est bon !

17 Octobre 1961 (Jolie-Môme)

C'était l'époque des yéyés
Et à Paris comme à Alger
Le week-end c'est sur la piste
Que la jeunesse danse le twist
La mode est à la taille fine
Les blousons noirs portent des jeans
Robe à pois bleus et bigoudis
Au hit-parade : stand by me

Un voyage autour de la terre
Gagarine s'envoie en l'air
Piaf nous chante son Légionnaire
Le savait-elle tortionnaire ?
Au cinéma des grands Boulevards
Psychose et la tulipe noire
Sont à l'affiche ce mardi
Aux côtés de west side story

Refrain
Ils se dirigent vers la ville
Ils sont venus des bidonvilles
St Denis, Gennevilliers, Nanterre
Enfants vieillards familles entières
Dans leurs costumes du dimanche
Souliers de cuirs chemises blanches.
C'était au temps des colonies
Et la nuit tombait sur Paris.

C'était l'époque des yéyés
Et à Paris comme à Alger
Le week-end c'est sur la piste
Que la jeunesse danse le twist
En 4L on part en vacances
Anquetil gagne le tour de France
Les rockers draguent les nénettes
Pento banane et rouflaquettes.

Du 12 au 13 août dans la nuit
A Berlin le mur est construit
Et cette année-là dans Paris
A l'Olympia chante Johnny
Catherine Deneuve devient blonde
Jeanne, Jules et Jim se jouent du monde
De Gaulle dirige la nation
Léo Ferré chante Aragon

Refrain

Ils se dirigent vers la ville
Ils sont venus des bidonvilles
St Denis, Gennevilliers, Nanterre
Enfants vieillards familles entières
Et par centaines et par milliers
Ils sont venus manifester
C'est au couvre-feu de Papon
Que sans violence ils disent non

C'était l'époque des yéyés
La capitale est quadrillée
Car l'algérien c'est l'ennemi
Traqués dans les rues de Paris
Collés aux murs dans le métro
Mains sur la tête ou dans le dos
Ils disparaissent dans des cars
Les gens détournent le regard

Et la police se déchaîne
Des corps sont jetés à la seine
Dans la cour de la préfecture
Résonnent les cris, les injures
A coup de crosse dans les dents
Au milieux des gémissements
Femmes traînées par les cheveux
Eclats de rire et coup de feu

Refrain
Ils se dirigeaient vers la ville
Ils arrivaient des bidonvilles
Les morts se comptaient par centaines
Les eaux muettes de la seine
Les ont emportés dans la nuit
Vers le silence vers l'oubli
Longtemps après qui se souvient
17 octobre 61

C'était l'époque des yéyés

Ils arriveront quand même…(Jolie-Môme)

Ils arriveront quand même…
Malgré les murs malgré les mers
Malgré les murmures amers
Ou les déclarations guerrières.

Ils arriveront quand même…
Car ils sont jeunes et qu’ils n’ont rien
Pas même l’espoir que demain
Soit différent de ce matin.

Ils arriveront quand même…
Les enfants rêvant de pactole
Devant nos télés qui racolent
Mirage en boucle et paraboles.

Ils arriveront quand même…
Car nos experts savent y faire
Le travail au noir ça nous sert
Salaires aux enchères, à l’envers.

Ils arriveront quand même…
Cueillir nos fruits monter nos tours
Sans rechigner jour après jour
Hôtel minable en arrière cour.

Ils arriveront quand même…
Car nos règles nos lois nos marchés
Remplissent nos supermarchés
Commerce équitable à pleurer.

Ils arriveront quand même…
Malgré les murs malgré les mers
Malgré les murmures amers
Ou les déclarations guerrières.

Ils arriveront quand même…
Et rien ne saurait remplacer
Toutes ces vies qui sont volées
Et rien ne saurait excuser
Les rafles et les enfants traqués

Ils arriveront quand même…
Dans les citernes ou les avions
Entre les essieux des camions
Ou par dessus les barbelés
Nos frontières électrifiées

Ils arriveront quand même…

Mon voisin vient de loin (la Replik)

Dans son bon vieux pays
Y avait rien à bouffer
Que des cailloux
Alors il s’est cassé
Mis quelques fleur
Sur la tombe de sa mère
Mon voisin vient de loin

Après des mois d’galère
Ici il s’est échoué
En plein hiver
Sur les chantiers
S’est tapé des boulots
Qu’en auraient tué plus d’un
Mon voisin vient de loin.

Refrain :
Mon voisin vient de loin.
Il emporte avec lui
Une photo d’ses gamins
La terre de son pays
Mon voisin vient de loin
Il est ici chez lui
J’espère qu’il s’y sent bien
Et sa famille aussi

De ses grosses mains calleuses
Il a construit
Dans ma banlieue de nazes
Des HLM tout gris
Fait tout au black
Bossé pour rien
Mon voisin vient de loin

C’est pas sur les chantiers
Qu’on apprend le français
Pour le parler,
Il faudrait qu’il y en ait
S’est tapé des boulots
Qu’en auraient tué plus d’un
Mon voisin vient de loin.

Refrain
C’est un vieux p’tit bonhomme
Trapu et tout penché
C’est l’incarnation, de l’humilité
Un type qui t’réconcilie
Au genre humain
Mon voisin vient de loin

De sa vie toute entière
Il nous dit pas grand chose
Il vieillit tout pépère
Dans sa p’tite maison rose
Il a niqué ses reins
A porter des parpaings

Mon voisin vient de loin.

Le piano de la plage (Charles Trenet)

Le vieux piano de la plage ne joue qu'en fa qu'en fatigué
Le vieux piano de la plage possède un la qui n'est pas gai
Un si cassé qui se désole
Un mi fané qui le console
Un do brûlé par le grand soleil du mois de juillet
Mais quand il joue pour moi les airs anciens que je préfère
Un frisson d'autrefois
M'emporte alors dans l'atmosphère
D'un grand bonheur dans une petite chambre
Mon joli cœur du mois de septembre
Je pense encore encore à toi
Do mi si la

Le vieux piano de la plage ne joue qu'en sol en solitude.
Le vieux piano de la plage a des clients dont l'habitude
Est de danser samedi dimanche.
Les autres jours seul sur les planches
Devant la mer qui se souvient il rêve sans fin...
C'est alors que je sors tout courbatu
De ma cachette
Et que soudain dehors tremblant, ému,
Devant lui je m'arrête
Et c'est inouï tout ce que je retrouve
Comme cette musique jolie m'éprouve
Me fait du mal me fait du bien
Je n'en sais trop rien

Adieu, adieu piano tu sais combien peuvent être cruelles
Ces notes que tu joues faux mais dans mon cœur ouvrant ses ailes
S'éveille alors la douce rengaine
De mon heureux sort ou de mes peines.
Lorsque tu tapes, tapes, toute la semaine mais le samedi
Quand les jeunesses débarquent
Tu sais alors brigand de la plage
Que ton souvenir les marque
Et qu'un beau soir passé le bel âge
Un autre que moi devant la piste s'arrêtera là et sera triste
En écoutant le cœur battant

L'air de ses vingt ans