ARRIVEE DES 2 JOURNALISTES SUR PLATEAU TV + 2 autres journalistes aux QG du PS et UMP
journaliste 1 : PATRICK
journaliste 2 : ARLETTE
journaliste 3 : LAURENE
journaliste 4 : DOMINIQUE
SCENE 1
PATRICK : Mesdames et messieurs bonsoir ! bonsoir Arlette
ARLETTE : Bonsoir Patrick. Il n¹est pas tout à fait 20 heures et dans quelques minutes nous découvrirons le visage du prochain président de la répoublique
PATRICK : Ou de la présidente ! on peut d¹ores et déjà dire que c¹est la victoire de la démocratie puisque le taux de participation est le plus élevé de la 5ème république.
ARLETTE : En effet, mais nous rejoignons tout de suite Laurène, à la salle Gavio
PATRICK : Salle Gaveau
ARLETTE : O, pardon, au QG de Nicolas Sakozy pour vivre, avec vous, un instant hystérique, pardon historique ; bonsoir Laurène, dites nous ce qui se passe...
LAURENE : Et bien comme vous pouvez le constater sur vos téléviseurs, l¹ambiance est à son comble ici et pourtant le suspens est total puisqu'il n'est pas 20 h. Les supporters de Nicolas Sakozy sont vêtus de blazers bleus et de chemises de marque pour les hommes, jupes chic et colliers de perles pour les femmes. Vous pouvez les entendre chanter la Marseillaise
On entend en fond, la marseillaise et PATRICK reprend l¹antenne
PATRICK : Merci Laurène ! Rendons-nous rue de Solférino. Dominique, vous nous entendez ? Quelle est l'ambiance au pc du PS ?
DOMINIQUE : C'est une véritable marée humaine, aux couleurs bleu blanc rose, qui a envahie la rue de Solférino ; l'ambiance est à son comble malgré l'attente insoutenable et les militants chantent la Marseillaise.
PATRICK (journaliste 1) coupe la parole
PATRICK : Merci Dominique ! Retournons du côté de la salle Gaveau car on nous annonce des invités surprises !!
LAURENE : Oui Patrick ! J'ai à mes côtés notre Mireille Mathieu nationale. Mireille, quelle bonne surprise !
MIREILLE : J'allais à la gare pour Avignon quand j'ai appris la bonne surprise. J'ai fait demi-tour à toute vitesse ...
LAURENE (coupant la parole comprenant que Mireille connaît le résultat et va faire une gaffe) Effectivement, j'ai une bonne surprise Mireille, Enrico est là, écoutons-le
Enrico : lallallalla .... toi Sarko je suis bien dans tes bras ... (Arlette coupe la chanson pour passer la parole au QG du PS)
ARLETTE : Merci Laurène, merci Mireille, bravo Enrico ; tout de suite nous retournons du côté de la rue de Solférino
DOMINIQUE : et oui ! C'est formidable, c'est extraordinaire !! si je peux m'approcher un peu, je vais passer la parole au chanteur Cali ; alors, Cali, c'est quand le bonheur ?
CALI : le bonheur ... c'est si les gens ont bien voté ...
PATRICK : Justement, il est 19 heures, 59 minutes et 55 secondes et dans 5 secondes nous allons découvrir le gagnant !
TOUS : 5 4 3 2 1
NOIR
on entend des coulisses la famille poisson et ses invités
SCENE 2 :
TOUS : nic' nic' nic' NICOLAS ! (bis)
FERNAND : La pépette rose, il l'a bien niqué NICOLAS.
RAOUL : Et dans les grandes largeurs, t'as vu ça, c'est du XXL.
FERNAND : C'est sûr, y'a pas photos, il a une pêche ce type-là.
SIMONE : Une bonne pêche, c'est plein de sous dans le tiroir-caisse de la poissonnerie à mon Fernand !!
RAOUL: Et ce n'est qu'un début. Il a promis que les charges des petits commerçants baisseront.
ANNE (bidonnée) : Oh, Sarko :la pêche, Fernand est poissonnier .Hé! vous avez vu , la pêche, poissonnerieŠ.
RAOUL : C'est bon, Nanou !
FERNAND : C'est pas tout ça, ça s'arrose, Simone, va chercher le champagne au frigo !
SIMONE : Allez ! Champagne pour tout le monde.
RAOUL : Eh, doucement Simone ! tout le monde, tout le monde, on va quand même pas abreuver toute la misère du monde, hein !
FERNAND : Justine, tu viens prendre une coupe avec nous ?
JUSTINE : Non, j'en veux pas.
FERNAND : Ben qu'est-ce qu'elle a ma petite Justine ?
ANNE souris ma chérie, tu vas avoir du travail, Sarkozy va faire une loi contre le chômage!!
RAOUL : Fais pas ta mauvaise tête, Justine ! Fernand, sers lui en 2 doigts !
ANNE à Simone : Elle est insupportable en ce moment
SIMONE : Ah oui, mais c'est pas nouveau, ça fait longtemps que je la trouve pénible ta fille. Les ados caractériels comme elle, il paraît que c¹est génétique. Vous devriez faire attention!
RAOUL : génétique ? ça ne peut venir que de toi (en s¹adressant a Anne)
ANNE : génétique ! génétique ! est-ce que j¹ai une gueule de génétique ??! pourquoi ce serait pas toi le génétique !!???
RAOUL: Dans ma famille on a jamais eu de délinquant.
FERNAND : Justine, ne fais donc pas cette tête, la France va se réveiller
RAOUL : oui, on est du côté des gagnants, toujours du côté du manche
ANNE : Nicolas va nettoyer la France, la France va redresser la tête
FERNAND : Enfin, " Tête Propre, Mains Hautes "
Ils chantent la marseillaise
SCENE 3
Tout le monde chante à tue-tête, sauf Justine prostrée dans un coin, effarée. Tous dansent en faisant la chenille sur l'hymne national.
Sonnerie de la porte d¹entrée, répétée.
le voisin du dessus, étranger, est sur le seuil de la porte.
Fernand, ouvre la porte.
FERNAND : Bonsoir. Oui, C'est pourquoi ? Vers ses convives en insistant bien. C'est le voisin d'en bas.
VOISIN : Bonjour, excousé moi, je.....
ANNE : Bonsoir ! bonsoir ! vous venez faire la fête avec nous ?
FERNAND: Prenez donc un verre de champagne
VOISIN : Non merci, j'ai .... je bois pas alcool
SIMONE : Alors, une petite rondelle de saucisson ?
RAOUL : Ce soir c'est la fête !!! tous ensemble avec Sarko !!!!
VOISIN : Non, moi je dois travailler demain, je me lève très très tôt ...
ANNE : Ah oui, vous travaillez demain, c¹est bien !!! s¹ils pouvaient tous être comme vous ! C¹est pour ça que vous êtes venu dans notre pays, pour le travail, pis les crèches, les allocations familiales, Š On vient chez Fernand et Simone tous les w-e et on entend que du bien de vous ;
SIMONE : Et vos femmes, heu, votre femme ?
VOISIN : elle est au travail, et moi commencer travail à 4 heures ; besoin de dormir et bébé dormir ;
FERNAND : vous devriez plutôt rester éveillé pendant que vous y êtes. Ca ne sert plus à rien d¹aller dormir.
VOISIN : Non non, j'ai beaucoup trajet pour aller au travail, très fatigant ; et justement, je venais vous dire, s'il vous plaît, si c'était possible, sans vouloir vous déranger, auriez-vous l'amabilité de bien vouloir baisser le volume sonore
SIMONE : et bien c'est ça ! allez vous coucher ! nous ne vous retenons pas...
SCENE 4
Une fois le voisin sorti
ANNE : Pour qui il se prend celui-là ?!!!
SIMONE à FERNAND : Tu vois, tu leur dis bonjour dans les escaliers et après ils se croient tout permis, ils viennent faire leur loi chez nous !!!
RAOUL : Oui, ce sont des intégristes qui refusent de s¹intégrer
SIMONE : Hey, vous avez entendu, il nous a parlé de sa femme mais on la voit jamais ....
FERNAND : Evidemment, elle doit être voilée, c'est pour ça qu'on la voit pas ... c'est toujours comme ça avec ces islamistes !
Simone : bah non, ils sont polonais
RAOUL : ah, bon !
Rires et reprise de l¹apéro beauf à partir du passage à table :
FERNAND : Allez, suivez moi, tout le monde à table
Simone : Je me mets à côté de Raoul!
Anne : et moi à côté de Fernand
Raoul : Justine ! Tu te mets avec ta mère !
Justine : Ah non !moi je veux être avec Papa.
Fernand : Bon, Simone, mets toi là ; et Justine, tu t'assieds là entre ton père et moi.
Justine : Chouette, entre deux les deux camarades.
Fernand : Les arabes, où qu'c'est qu¹elle voit des arabes?
Simone : Elle a dit camarade, pas camarabes !
Tout le monde rit, Anne glousse
Raoul : Nanou, stop !
Fernand : Ah j¹aime mieux ça
Raoul : Eh écoutez ! Vous avez entendu ? C¹est les flics qui patrouillent. Obligés avec tout c¹qui passe dehors. Les incendies de voitures et maintenant ils brûlent les bus, et même avec des passagers
Anne : Notre voiture, ils vont peut être la brûler.
Raoul d'abord inquiet puis rassuré : T'inquiètes pas, il y a le chien dedans.
Anne d¹abord rassurée puis de nouveau en panique : Mais justement, ils vont brûler le chien avec ! C¹est terrible !
Simone : oh bah c'est sûr, ils aiment pas les gens, alors ils aiment pas les bêtes non plus. C'est horrible ! et c'est sûrement pas des français qui font ça.
Raoul : Ca non ! Ça ça risque pas parce que les vrais français y en a plus sur le quartier. Ils sont tous partis à l'étranger.
Simone sur un ton de reproche : Sauf nous !
Fernand : Tout çà, c'est à cause du racisme anti-français. Ce racisme là, on n'en parle jamais !
Anne : Oh, Fernand, qu¹est ce que tu causes bien.
Fernand : Ouais bravo mon Raoul, t¹as bien mérité un peu de ma pharmacie, ça te fera du bien !
Simone : Ou as-tu encore été pêcher çà ?
Fernand : A la poissonnerie, pardi ! !. Bon, Simone, apporte donc les soles.
Tout le monde rit
Ann, exploséee : Pêcher, poissonnerie
Raoul : Arrête, Nanou
Cérémonial de Simone autour du plat
Fernand à Justine : Donne ton assiette, Justine, je t'ai réservé la meilleure part !
Justine fait la moue Tout le monde est gêné : Justine n'ose pas dire non au poisson
Puis elle finit dire timidement : Oh non merci !
Ses parents restent cloués et très gênés.
Simone est choquée. Fernand essaye de prendre ça du bon côté.
Raoul : " Mais si mais si elle va manger du poisson. Sers là Fernand. "
Anne : " Enfin ma chérie tu aimes le poisson, tu as toujours aimé le poisson. "
Justine : " Maman je te l'ai dit des centaines des fois, je n'aime pas le poisson mais tu ne m'écoutes pas. "
Anne : " C'est nouveau ça. Et depuis quand tu n'aimes plus le poisson. "
Justine : " Ça fait des années. Et toi, tu continues à croire que j'aime ça alors que depuis l'âge de cinq ans je jette parterre pour le donner chat. Donc, écoute-moi une bonne fois pour toute JE N'AIME PAS LE POISSON. C'est clair. "
C¹est le coup de massue dans l¹assistance. Un silence de plomb règne. La tension est palpable.
Raoul essaye de minimiser le problème : " à chaque fois que l'on vient chez Fernand on mange du poisson donc tu manges du poisson et on en parle plus. "
Justine refuse : " Mais ça pue ce truc ! "
Anne contenue mais prête à craquer rappelle sa fille à l'ordre. " Justine tu te tais tout de suite. "
Fernand façon Galabru essaye de persuader Justine " : " Une toute petit sole. Une toute petite.. "
Raoul sous tension dans une retenue de colère : " Fernand l¹a préparée pour toi. "
Justine refuse toujours.
Fernand minimise encore " Oh c'est pas grave on va lui faire des pâtes. "
Simone : " Oui, oui, c'est ça on va lui faire des pâtes. "
Raoul toujours sous tension : " Non ne te dérange pas Fernand. Allez, Justine fais moi plaisir mange du poisson. "
Justine se rebelle : " Non ! et de toute façon vous non plus vous n'aimez pas le poisson. Chaque fois que l'on vient ici vous dîtes on va encore bouffer du poisson. "
Tout le monde est cloué sur sa chaise. Un grand froid règne.
Anne : " C'est faux. C'est complètement faux. Ne l'écoutez pas. Elle est en plein crise d'adolescence."
Raoul Toujours dans le même état : " Justine tu ne devrais pas dire des choses pareilles. Tu vas vexer nos amis. Et puis tu sais très bien que ta mère et moi adorons le poisson de Fernand.
Et là il craque à sa façon, en s¹empiffrant de poisson : D'ailleurs regarde comme je le mange ce poisson. Hum c'est délicieux Fernand."
Anne imite son mari : " Mais oui, mais oui, ton père à raison il est très bon ce poisson. Tiens c¹est bien simple Fernand, tu sais quoi, tu es le roi de l'Arête. "
Fernand prêt à pleurer mais qui veut rester digne : " En attendant le roi de l'arête va faire des pâtes pour la petite crise d'adolescence. "
Simone essayant de rattraper le coup : " Oui va lui faire des pâtes à cette petite. "
Anne pète les plombs : " Non, je dis non et non. Je refuse que tu lui fasses des pâtes. C'est tout à fait hors de question. Elle va manger du poisson, comme tout le monde. J'insiste. Je refuse qu'elle mange autre chose. Elle va manger du poisson, elle va manger du poisson. Un point c'est tout. Sinon elle n'aura RIEN RIIIEENNN RIENNN."
Grand silence.
Fernand : " Ben te mets dans des états pareils Anne. C¹est rien;"
Simone à Raoul : " Mais qu'est-ce qu'elle a ? Pourquoi elle s'énerve comme ça. "
Jusqu¹à la crise de nerf de Anne et intervention de Raoul :
RAOUL : Excusez-la, elle s'est faite agressée l'autre soir devant la gare du nord !
LES AUTRES : Ah !!!! la gare du nord !!!!
RAOUL : Mais c¹est fini tout ça, on sera bientôt débarrassé de toute cette racaille
ANNE (se remettant de ses émotions) : Y a de quoi être dégoûté quand même. Quand on voit tout ce qu'on voit et qu'on entend tout ce qu'on entend ! Eh ben on a raison de penser ce qu¹on pense
RAOUL : Ouais, eh ben je vais vous dire une bonne chose. Quand je repense à tout ça, j'en ai mal à la France d'avant Sarkozy
Tout le monde rit.
Anne attire l¹attention de tous et pour mettre de l¹ambiance en incitant les copains à le suivre, entonne sur l¹air de : boire un petit coup c¹est agréable
J'aime le poisson et les patates
Et tout le monde chante en choeur (sauf Justine)
J'aime le poisson, c'est bon
Mais il ne faut pas le jeter dessous la table (Anne toute seule après avoir capter l'attention de tous.)
J'aime le poisson et les patates
J'aime le poisson, c'est bon !
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